ECHAUFFOURES AU CONSULAT DU SENEGAL

 

Je suis là depuis midi”, se lamente une femme, coiffée d’un foulard coloré. “Ils font exprès de bloquer l’entrée pour nous décourager”, renchérit un homme, d’une quarantaine d’années.

La confusion régnait mardi 31 janvier  devant le consulat du Sénégal, dans le 16è arrondissement. Une centaine de personnes tentait d’ entrer afin de récupérer les cartes d’électeurs, indispensable pour l’élection présidentielle. “13 000 Sénégalais attendent leur carte, précise Ibrahima Ndiaye, membre de la “commission des cartes”. Ils en donnent 150 par jour. Faites le calcul!

Bousculades , échauffourées. Les CRS s’en mêlent. “Reculez”, ordonnent- ils à la foule.

Un groupe d’une dizaine de personnes réussit à pénétrer dans le bâtiment. “Nous avons décidé d’occuper le consulat, explique Moïse Sarr, membre de l’Alliance pour la République et du M23 France. Nous resterons jour et nuit s’il le faut.”

Leurs revendications: récupérer les cartes “pour qu’un vote démocratique soit possible”, déclare Mr Baresi, membre du M23 France; et obtenir qu’ Abdoulaye Wade renonce à un troisième mandat. “C’est un renegat, hurle Babakar Sal, qui a revêtu, par-dessus son costume, un T-shirt blanc, où est inscrit en lettres noires: “Résistance à Wade, la calamité du Sénégal”.

Arrive la vice-consule Athia Aw. Le ton monte rapidement. Certains “rebelles”, comme ils se définissent eux-même brisent le portrait du président sortant, accroché au-dessus du bureau de Mme Aw. “J’ai marché sur la photo de Wade, comme il marche sur le peuple, hurle encore Babakar Sal. J’aurais pu pisser dessus s’il n’y avait pas eu de femmes!” Pour la vice-consule, il n’y a pas de problème de cartes. “Les gens ne veulent pas faire la queue, c’est tout”.

MARINE COURTADE