Argentine, sombre recoin du village global

19 décembre 2001. Après des semaines de crise, le président Argentin Fernando de la Rua décrète l’état de siège. La nuit tombe, et bientôt des clameurs s’élèvent dans toute la ville. Bruits des cuillers frappant contre les casseroles. La rue de Buenos Aires se réveille, et ce sont des milliers de personnes qui bravent le couvre-feu et convergent vers la Plaza de Mayo, symbole du  pouvoir  par excellence, là où se côtoient la Casa Rosada, siège du pouvoir exécutif, la cathédrale et la Banque centrale Argentine. Là ou Peron, sortant de prison le 17 octobre 1945, s’adressa à la foule qui avait permis son retour.

« Que se vayan todos! »

C’est ainsi que s’ouvre le documentaire de Fernando E. Solanas, sobrement intitulé Mémoire d’un Saccage. Un film militant, dans lequel il s’attache à décortiquer les raisons d’une crise économique et politique si puissante qu’elle mis à bas 3 présidents en 3 semaines. Le résultat, selon lui, de dix années d’une libéralisation déchaînée de tous les secteurs de l’économie Argentine sous les diktats du FMI. Une explication, presque une démonstration, qui pour être convaincante n’est pas sans travers. Ainsi, ces images d’enfants mourant de faim devant la caméra, dérangent, et si elles dénoncent puissamment l’impact de la récession, s’adressent plus au coeur qu’a la tête. Reste que le travail et le sujet sont passionnants et éclairants en ces temps où la crise de la dette suscite 100 analyses par jour et autant d’éditoriaux. Une dénonciation, certes, mais de la bonne manière.

Militant, le travail de Naomi Klein et d’Avi Lewis l’est aussi.  Dans The take, un film de 2004, ils suivent pas à pas dans leur lutte un groupe d’ouvriers argentins licenciés qui cherchent à récupérer leur entreprise et à s’organiser en coopérative.

Un film qui n’échappe pas là aussi au souffle de l’épopée et du romanesque, , mais qui à, lui aussi le mérite d’éclairer sur ce processus nouveau en Amérique Latine et par bien des aspects, révolutionnaire.

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Une réponse à Argentine, sombre recoin du village global

  1. Bonjour,
    J’ai vu ce documentaire, vraiment très bien, et très très actuel malheureusement…

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