13 février 2012 : les cinq liens de la semaine

Immeubles en feu, bombes lacrymogènes par centaines, foule hurlant sa colère sur la place Syntagma: Athènes est sous pression. Ses habitants, au bord de la crise de nerf. En cause ? La nouvelle cure d’austérité votée par le Parlement, qui entérine une nouvelle diminution du salaire minimum, des pensions de retraites revues à la baisse et des privatisations massives. Résultat : une situation humanitaire qui commence à inquiéter, de plus en plus de Grecs se trouvant contraint d’aller chercher des colis alimentaire pour se sustenter, comme l’illustre le reportage  de Libération.

Les manifestations dans le centre-ville d'Athènes, vues par Dominique Poiret de Libération

Pour beaucoup, cette situation est devenue intolérable. Même les policiers expriment un ras-le-bol, à en croire la lettre rédigée par leur plus important syndicat, la Fédération de la police grecque,  et publiée sur le site de Reuters. Dans cette missive, les bailleurs de fonds internationaux sont accusés de « chantage, tentatives de subrepticement abolir ou ronger la démocratie et la souveraineté nationale ». Et les policiers menacent d’émettre des mandats d’arrêt contre les émissaires de l’Union européenne et du Fonds monétaire internationale (FMI) présents dans le pays.

Affrontement entre les manifestants et la police, Dominique Poiret pour Libération

Humiliés, acculés, dénigrés, les Hellènes ne comptent plus que sur leurs proches. Dans un pays où la solidarité demeure une valeur fondamentale, les familles se mobilisent pour protéger les leurs. Un phénomène décrit par l’article de 20 minutes.

D’un point de vue politique, les Grecs sont de plus en plus nombreux à fustiger un traitement de choc apparemment inefficace, appelant à une annulation pure et simple du passif grec. C’est en tout cas la solution que propose Sonia Mitralia, membre du Comité grec contre la dette, dans son discours publié sur le site d’Investig’Action.

Quant à la dernière polémique en date, elle concerne un emprunt souscrit par l’Allemagne alors nazie à la Grèce en 1941 – Hitler ayant à l’époque obligé le pays à participer à « l’effort de guerre » et emprunté à la banque centrale grecque la somme de 476 millions de reichsmarks. Selon l’article du Nouvel Obs avec un taux d’intérêt de 3% sur 71 ans, cette dette s’élèverait aujourd’hui à près de 81 milliards d’euros, soit un sixième de la dette publique qui écrase le pays. Peut-être pas de quoi sortir de la crise. Mais, ce n’est pas négligeable, assainir les finances du pays – et nuancer le ton accusateur trop souvent emprunté par les responsables politiques allemands ces derniers jours.

Une ancienne couverture du magazine allemand Bild

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