23 mai 2012 : les cinq liens de la semaine

L’éventualité d’une sortie de la Grèce de la zone euro n’est plus taboue. Selon les journalistes du Figaro, deux options se dessinent : celle d’un « divorce à l’amiable », où le pays accepterait de revenir à la drachme et devrait alors re-candidater pour être membre de l’Union européenne. Ou, au contraire, celle d’un départ contraint – l’Union pourrait alors refuser de verser une nouvelle tranche d’aide aux Hellènes, obligeant le pays à faire défaut et, de facto, à revenir à sa monnaie nationale.

François Hollande et Angela Merkel ont pourtant écarté ces deux possibilités, affirmant leur volonté de maintenir le pays dans la zone euro. Le sujt sera évoqué dès ce soir, lors de la rencontre entre le nouveau président français et les dirigeants européens.

François Hollande et Angela Merkel veulent maintenir la Grèce dans la zone euro

Pour le ministre de l’Economie Pierre Moscovici, la Grèce doit à tous prix conserver la monnaie commune. Raison pour laquelle il appelle à soutenir le plus possible les partis pro-Europe et pro-euro que sont le Pasok d’Evangelos Venizelos et la Nouvelle-Démocratie d’Antonis Samaras.

 En Grèce, l’heure est à la campagne, à l’approche des nouvelles élections législatives organisées le 17 juin prochain. Étoile montante de la gauche radicale, Alexis Tsipras pourrait arriver en tête. Ce jeune politicien de 37 ans, qui s’inscrit sur la même ligne de refus de l’austérité que Jean-Luc Mélenchon, fait actuellement le tour des États européen, tentant de les convaincre de changer de stratégie pour sortir le pays de la crise. S’il affirme ne pas vouloir quitter la monnaie commune, il militante néanmoins pour une renégociation complète du mémorandum, rappelant que si la Grèce tombe, le reste de l’Union ne tarderait pas à la suivre.

Alexis Tsipras était à Paris, où il a rencontré son homologue Jean-Luc Mélenchon

Les conservateurs de la Nouvelle-Démocratie, actuellement à 24% des intentions de vote, s’inquiètent de ce parti nouveau qui pourrait l’emporter. Antonis Samaras tente de mobiliser ses troupes, appelant à la création d’un grand Front patriotique et pro-européen.

Le pays reste en sursis. Le 17 juin, son destin pourrait radicalement changer.

Publié dans Les cinq liens de la semaine | Laisser un commentaire

13 février 2012 : les cinq liens de la semaine

Immeubles en feu, bombes lacrymogènes par centaines, foule hurlant sa colère sur la place Syntagma: Athènes est sous pression. Ses habitants, au bord de la crise de nerf. En cause ? La nouvelle cure d’austérité votée par le Parlement, qui entérine une nouvelle diminution du salaire minimum, des pensions de retraites revues à la baisse et des privatisations massives. Résultat : une situation humanitaire qui commence à inquiéter, de plus en plus de Grecs se trouvant contraint d’aller chercher des colis alimentaire pour se sustenter, comme l’illustre le reportage  de Libération.

Les manifestations dans le centre-ville d'Athènes, vues par Dominique Poiret de Libération

Pour beaucoup, cette situation est devenue intolérable. Même les policiers expriment un ras-le-bol, à en croire la lettre rédigée par leur plus important syndicat, la Fédération de la police grecque,  et publiée sur le site de Reuters. Dans cette missive, les bailleurs de fonds internationaux sont accusés de « chantage, tentatives de subrepticement abolir ou ronger la démocratie et la souveraineté nationale ». Et les policiers menacent d’émettre des mandats d’arrêt contre les émissaires de l’Union européenne et du Fonds monétaire internationale (FMI) présents dans le pays.

Affrontement entre les manifestants et la police, Dominique Poiret pour Libération

Humiliés, acculés, dénigrés, les Hellènes ne comptent plus que sur leurs proches. Dans un pays où la solidarité demeure une valeur fondamentale, les familles se mobilisent pour protéger les leurs. Un phénomène décrit par l’article de 20 minutes.

D’un point de vue politique, les Grecs sont de plus en plus nombreux à fustiger un traitement de choc apparemment inefficace, appelant à une annulation pure et simple du passif grec. C’est en tout cas la solution que propose Sonia Mitralia, membre du Comité grec contre la dette, dans son discours publié sur le site d’Investig’Action.

Quant à la dernière polémique en date, elle concerne un emprunt souscrit par l’Allemagne alors nazie à la Grèce en 1941 – Hitler ayant à l’époque obligé le pays à participer à « l’effort de guerre » et emprunté à la banque centrale grecque la somme de 476 millions de reichsmarks. Selon l’article du Nouvel Obs avec un taux d’intérêt de 3% sur 71 ans, cette dette s’élèverait aujourd’hui à près de 81 milliards d’euros, soit un sixième de la dette publique qui écrase le pays. Peut-être pas de quoi sortir de la crise. Mais, ce n’est pas négligeable, assainir les finances du pays – et nuancer le ton accusateur trop souvent emprunté par les responsables politiques allemands ces derniers jours.

Une ancienne couverture du magazine allemand Bild

Publié dans Les cinq liens de la semaine | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

30 janvier 2012: les cinq liens de la semaine

Rien ne va plus. Après avoir enterré le réalisateur Théo Angelopoulos – lauréat de la palme d’or à Cannes en 1998 pour son film L’éternité et un jour -  les Grecs ont à nouveau les yeux rivés sur leurs politiciens.

Theo Angelopoulos - l'un des plus grands réalisateurs grecs

Les négociations entre le gouvernement hellène et les créanciers privés n’avancent pas, et la population exprime un ras-le-bol presque nostalgique. Les gouvernants, quant à eux, n’hésitent pas non plus à crier au scandale, à en croire le positionnement du ministre des finances Evangélos Venizélos contre la perte de souveraineté du pays que provoquerait la décision de donner à l’Union européenne un pouvoir décisionnel sur la gestion budgétaire grecque.

Evangélos Venizélos, le ministre grec des Finances

A l’occasion de l’ouverture du nouveau sommet de l’Union, l’Europe ne paraît plus au bord du gouffre. Il n’empêche. La Grèce continue à inquiéter – et finit par ressembler à un enfant malade difficile à soigner.

Publié dans Les cinq liens de la semaine | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

« Les îles grecques » : un traiteur chypriote à Paris

« Les îles grecques », 14 rue de Bretagne, 75003 Paris

Publié dans Les grecs de Paris | Un commentaire

16 janvier 2012: la semaine en images

 

 

Publié dans Les cinq liens de la semaine | Laisser un commentaire

9 janvier 2012: les cinq liens de la semaine

Du côté de la Grèce, la semaine dernière fut à nouveau … mouvementée. Question crise, des nouvelles pas réjouissantes : les banques s’inquiètent, persuadées que la décote de 5% de la dette détenue par les créanciers privés ne suffira pas à améliorer la situation économique du pays (Les Echos). D’autant plus que la commission européenne a annoncé ne pas vouloir verser la prochain tranche d’aide de 5 milliards d’euros avant le mois de mars (Le Figaro), rendant vraissemblable l’éventualité d’un défaut grec définitif. Sur son blog, Panagiotis Grigoriou raconte l’ambiance électrique de la dernière « Théophanie » – fête qui commémore le baptême du Christ, où les jeunes garçons doivent plonger dans la mer pour récupérer une croix, symbole de la trinité. Le président de la République grecque Karolos Papoulias a été hué à cette occasion, alors qu’il assistait aux célébrations dans la petite ville portuaire de Chalkis.

Les jeunes garçons se précipitent pour repêcher la croix

Quant à la lutte sociale, elle se radicalise : la semaine dernière, radio Flash, l’une des principales stations privées d’information d’Athènes, a diffusé des messages de soutien au groupe Lutte révolutionaire, considéré comme terroriste par l’Union européenne (Romandie news). La police n’a pas tardé à intervenir, interpellant une vingtaine de jeunes hommes. Pour ne rien arranger, des œuvres d’art offertes à la Grèce en hommage à sa résistance contre le nazisme durant la Seconde Guerre mondiale, signées Picasso et Piet Mondrian, ont été dérobés à la pinacothèque nationale d’Athènes (AFP). On en viendrait à croire que le sort s’acharne contre les Grecs…

"Le moulin" de Piet Mondrian, 1905

Publié dans Les cinq liens de la semaine | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Antonis Samaras: un ultra-nationaliste à la tête du parti d’opposition

Méconnu en France, le chef du parti « Nouvelle Démocratie » a longtemps été une figure de l’ultra-nationalisme, avant d’être couronné leader de la droite de gouvernement. Portrait.


Qui est donc Antonis Samaras? Dans la biographie mise en ligne sur le site de l’agence de presse grecque Ana, l’homme, âgé de 60 ans apparaît comme fidèle à la tradition grecque : chez lui, la politique se pratique de père en fils. Ce petit-fils d’un ancien député de Thessalonique est aussi le neveu de Georges Samaras, auquel il succède en 1976 au poste de député « Nouvelle Démocratie » de la Messinie.

Titulaire d’un master en gestion d’entreprise de l’Université de Harvard, Antonis Samaras accède tôt aux plus hautes fonctions : il devient ministre des Finances (1989) puis ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Constantin Mitsotakis (1989-1992), avant de démissionner et de quitter le parti en 1993, suite à des désaccords sur la gestion du conflit avec la Macédoine. Le politicien se démarque alors par sa fervente opposition à l’idée de nommer ce pays frontaliers du nom d’une région historiquement rattachée à la Grèce. Sur cette vidéo, il explique les raisons pour lesquelles il considère le nom de « Macédoine » comme une partie intégrante de l’héritage hellénique.

A l’extrême-droite de l’échiquier politique

Il fonde le « Printemps politique » (POLAN), nettement plus ancré à droite. Il est alors clairement identifié comme un ultra-nationaliste – courant qui connaît un développement certain au sein de l’Union européenne ces dernières années – comme le décrit cet article publié dans Libération en 1995. Mais l’expérience ne durera pas. Après moult échecs électoraux, il finira par se rapprocher de son ancien parti, d’abord en le soutenant aux élections législatives de mars 2004, puis en dissolvant le « Printemps politique » la même année. Il revient aux affaires en 2009, avec la casquette de ministre de la Culture du gouvernement de Costas Caramanlis (2009). A cette occasion, il inaugure le nouveau musée de l’Acropole.

Suite à la défaite de la ND aux élections législatives de 2009 et à la démission de son président, Costa Caramanlis, Antonis Samaras le remplace à la tête du parti, où il est élu avec 50,06% des suffrages. Il confie alors sa volonté de mettre sur pied une grande refonte institutionnelle et idéologique du mouvement, afin de retrouver le pouvoir.

Cet homme là pourrait-il succéder à Lucas Papademos dans un éventuel gouvernement d’Union Nationale ? Le Pasok doit désormais compter avec son opposition, qui appelle à l’organisation d’élections législatives au mois de mars prochain.

Publié dans Le point sur la politique grecque | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

2 janvier 2012: les cinq liens de la semaine

2012: nouvelle année, bonnes résolutions, voeux, embrassades… et la santé des Grecs qui ne s’améliore pas. Au programme cette semaine: le deuxième plan de sauvetage toujours dans l’impasse (Euractiv), l’inquiétude de l’Institut de la finance internationale (Les Echos), la grève des médecins et des pharmaciens athéniens (Le Figaro) ou encore l’appauvrissement d’un tiers de la population (Le Monde). Et une touche d’espoir: la mobilisation de l’association citoyenne « Nantes est une Fête », qui appelle à la solidarité avec le peuple grec, demandant pour chacun des signataires l’octroi de la double-nationalité (Ouest-France). C’est le geste qui compte…



Publié dans Les cinq liens de la semaine | Marqué avec , , | Laisser un commentaire