Lucas, 23 ans, étudiant greco-géorgien en cinéma

Ami d’une amie, Lucas ne colle pas vraiment au prototype de l’invité du blog (si prototype il y a). Né en Géorgie au sein de l’intelligentsia communiste, immigré en Grèce dès 1992, scolarisé dans une école anglaise d’Athènes, et désormais parisien : ce jeune homme de 23 ans préfère se définir  comme un métissage culturel vivant, plutôt que de se résigner à se cacher du côté – ou de l’autre – d’une frontière nationale. C’est évidemment ce qui rend son personnage intéressant. Sourire en coin, presque fier de sa trouvaille, il me demande de noter la phrase qui suit : « Je pense que je pense en anglais ». La langue internationale. Chose faite. J’ai retrouvé Lucas au Reflet, un bar près de la Sorbonne, où il étudie le cinéma. Une main gauche qui, sans arrêt, fait virevolter un Komboloi, une main droite qui feuillette de temps en temps un petit carnet de bord en cuir, Lucas explique que quand il n’est pas en cours, il fait aussi de la musique, danse et réalise des vidéos. Bref, sur le passeport, il est Géorgien, mais je lui octroie tout de même d’office son billet de train pour le BalkansFlexipass.

Pourquoi Paris ?

À 18 ans, je venais de finir le lycée et j’étais fou amoureux d’une parisienne. L’histoire n’a pas duré mais j’ai quand même décidé de rester ici. Je voulais faire du cinéma, l’EICAR était dans mes moyens, plus que les écoles de Londres qui coûtent le double. Je me suis donc envolé vers la France. J’ai appris la langue en un mois, grâce aux cours intensifs de la Sorbonne, mais à l’école j’étais quand même en cours avec les élèves de la section internationale. Une fois diplômé, une autre fille est entrée dans ma vie. Je suis donc resté à Paris, où je me suis inscrit en master d’études cinématographiques à la Sorbonne.

Paris au quotidien ?

C’est une ville exotique pour moi. Très différente de la Grèce. Je pense aux choses évidentes comme la culture, l’architecture, mais aussi à la liberté d’esprit qui émane de cet endroit. Comme je n’ai pas beaucoup d’heures de cours, j’ai du temps libre pour aller au cinéma (surtout ceux du quartier latin) et beaucoup voir mes amis. J’ai d’ailleurs rencontré nombre de mes copains parisiens à Patmos, en Grèce, la petite île où je me rend tous les étés en vacances. La Grèce n’est jamais vraiment très éloignée de mon quotidien, j’y retourne trois à quatre fois par an. C’est ma province à moi, je peux y faire un saut en quelques heures seulement.

Et après ?

Je veux vraiment aller vivre à Londres. Ma sœur y habite déjà et j’adore vraiment cette ville. Pourtant, dans l’immédiat je compte rester ici : la France est un pays propice à la production cinématographique. Je souhaite quand même élargir mon domaine de compétence. C’est pourquoi, je cherche un stage à la télévision (ndrl : les chaînes intellos). J’ai aussi un projet de documentaire en Éthiopie. Rien n’est sûr. Sauf à court terme, j’ai en tête de réaliser une vidéo de danse expérimentale. Tout cela peut paraître flou, soyons donc clair : dans l’absolu, je désire laisser quelque chose sur terre, une poignée d’oeuvres.

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2 réponses à Lucas, 23 ans, étudiant greco-géorgien en cinéma

  1. Benoît dit :

    Merci pour cette rencontre. Mais c’est quoi un Komboloi ?

    • Laurène Daycard dit :

      C’est une sorte de petit chapelet que tu fais tourner, un peu comme si tu cherchais à fouetter les deux versants de ta main. Bref, un petit jouet passe-temps. Merci d’avoir demande benoît, je vais chercher un lien pour l’expliquer directement! À demain xx

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