Moularès, une mine de phosphates et de problèmes

Written by on 19 mars 2012 in Non classé, Travail sans frontières - Commentaires fermés

Deuxième Partie : Moularès, ou l’échec d’une compagnie à faire tourner sa propre usine.

Le panneau d'entrée du site de la CPG à Moularès. (Crédits photo CFJ/ V.V)

Le site d’extraction du phosphate de Moulares, près de Gafsa, tourne à 50% de sa capacité depuis plusieurs mois. Un incendie a ravagé le bâtiment de stockage des pièces de rechange et rien n’est fait pour le remettre en état. L’immobilisme de la CPG commence à entraver sérieusement l’activité.

Le bureau de l’atelier de construction métallique attenant à l'usine, dévasté par un incendie à Moularès. (photo CFJ / V.V.)

« Voilà, c’était mon bureau. » L’un des salariés du magasin de stockage et de l’atelier de construction métallique, montre l’ampleur du désastre. Les murs sont encore debouts, mais l’odeur de suie agresse les narines. Le sol est jonché de tuiles calcinées, de morceaux de dossiers épars. Le 23 novembre 2011, après les résultats des concours de recrutement à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) à Moulares, à une cinquantaine de kilomètres de Gafsa, les émeutiers ont incendié les locaux techniques de la société.

« J’étais là le jour de l’incendie. Des jeunes chômeurs ont commencé à casser les portes et les fenêtres et à piller le magasin de stockage. Quand le feu a pris, j’ai pleuré », confie ce cadre de la CPG, diplômé en génie minier. Né à Moulares, il y a toujours travaillé. « Je veux partir d’ici, aller travailler au Canada, je n’en peux plus », soupire-t-il.

3,5 millions d’euros de pièces de rechange partis en fumée.

Entre l’incendie et les vols, il y en a pour 5 millions de dinars (2,5 millions d’euros). Les pièces de rechange des machines sont revendues une misère au marché noir, pour un cinquième de leur prix. Celles qui ont échappé aux pillages sont inutilisables. Les installations d’extraction et de traitement du phosphate ne peuvent plus fonctionner normalement. « Quand j’ai des pannes sur la pompe d’entretien, je n’ai pas de pièces de rechanges et la machine qui tourne avec cette pompe doit rester à l’arrêt. Sur la bande transporteuse par exemple, je ne trouve pas d’accessoires rouleaux, de supports, et ainsi de suite. D’habitude, l’usine tourne 20 heures par jour. Mais la semaine dernière, par exemple, on n’a pu tourner que 10 heures par jour ! »

Le magasin de stockage de l’atelier de construction métallique a pris feu lui aussi. A droite, un tambour de machine à 3500 € hors d'usage. (Photo CFJ / V.V.)

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